Celui-là …
A l'occasion d'une visite médicale de routine, la sentence est tombée.
Une tumeur a été dépistée. Il a écouté les médecins. Il s'est engagé dans un véritable parcours du combattant … Chimio, Radiothérapie, Opération, Chimio. et longue convalescence. Au bout du compte ce fut la rémission.
Mais, rémission ne veut pas dire guérison et … au cours d'un examen de contrôle, quelques mois plus tard, on a découvert une nouvelle tumeur … et c'est repartit pour un tour …
Chimio, Radiothérapie, Opération, convalescence, rémission ...et …
Une troisième, une quatrième … A chaque fois, de plus en plus fatigué et diminué, il a reprit le combat … et il finit par y laisser sa peau.
Les médecins étaient content de lui. Il s'était comporté en brave petit soldat courageux et docile. Tant pis s'il avait finit par perdre la bataille. Il avait, quand même, gagné quelques années de vie … de torture.
C'était son choix … respectons le.
Celui-ci …
Il était de constitution robuste. Il n'avait pas eu d'accident sérieux ni connu les attaques de maladies graves. Il s'est contenté de vieillir … de s'user petit à petit.
On c'est bien occupé de lui, au fur et à mesure que ses facultés diminuaient. On l'a aidé à se déplacer, à se lever, à se coucher. On lui faisait sa toilette quotidienne, lui donnait à boire et à manger. Quand ce fut nécessaire, on lui mis des couches.
Doucement, ces sens lui ont fait défaut. Il perdit, progressivement,l'ouïe et la vue.
On a continué à bien s'occuper de lui … pauvre carcasse, grabataire, incontinente, sourde et aveugle, complètement dépendante comme une pitoyable poupée de chiffon.
On a pris grand soin de prolonger sa vie … sa survie, la survie d'un corps dont-il était prisonnier et qui l'avait abandonné, trahit.
Il a, ainsi, connu une longue survie … une longue et lente agonie.
Il avait décidé de s'accrocher à la vie, quel-qu'en soit le prix à payer, le plus longtemps possible.
C'était sa décision, elle fut respectée.
Cet autre …
Il n'a pas eu le choix. Il n'a rien décidé. Son cerveau, doucement et irrémédiablement grignoté par l'Alzheimer, il a connu la déchéance.
Il a commencé par ne plus savoir où il était. Il oubliait ce qu'il venait de faire. Il ne reconnaissait plus les gens autour de lui, sa propre famille. Il finit par oublier complètement qui il était … ce qu'il était.
On c'est bien occupé de lui. On la la soigné, protégé … protégé de lui-même.
On a réussit, ainsi, à prolonger sa vie … la vie de cette enveloppe charnelle qu'il n'habitait plus. Lui … il était perdu dans une obscurité cauchemardesque, peuplée de fantômes, de monstres et de démons.
On a prolongé sa vie … un ersatz de vie, son enfer.
Il n'a rien choisi, rien décidé … On l'a fait pour lui
C'était leur choix … Il la subit.
En ce qui me concerne … Je profite d'être encore, à peu-près, sain de corps et d'esprit, pour énoncer, clairement, mon choix, ma décision …
Si je devait être victime d'un accident, d'une maladie grave ou, tout bêtement, perdre, par trop, mes facultés … Je ne souhaite pas que l'on me prolonge.
Je refuse que l'on me soigne, me ranime … me truffe de tuyaux (par tous les cotés, par le bas, par le haut) … Je veux, juste que l'on me fiche la paix.
Tout ce que je souhaite … espère … c'est que l'on me donne les médicaments qui m'empêcheront de souffrir. Que l'on augmente les doses si cela s'avère nécessaire … et, tant pis si la drogue doit précipiter mon trépas.
Non ! Je ne demande pas l'euthanasie … C'est un crime. Nos législateurs nous ont juste dotés d'une loi … hypocrite et débile du … laisser mourir. C'est un crime d'accélérer, quelque soient les circonstances, le décès e quelqu'un … Mais … Il est permit, en arrêtant de le nourrir et de l'hydrater, de le laisser mourir de faim et de soif. Ce qui n'est, ni plus ni moins, que de la torture … mais ça, c'est légal … et, totalement, dégueulasse !
Non ! Je refuse toute sorte d'acharnement thérapeutique. Je réclame, simplement, que l'on respecte mon droit le plus stricte de disposer de mon corps, de ma vie … de ma mort.
C'est mon choix … mourir vite et sans souffrir, dignement … si j'ose dire … car, en fait la mort n'ait jamais digne, mais, la vie de vie peut l'être.
C'est mon choix, ma décision, et je demande, expressément, à ce qu'elle soit respectée … On peut toujours rêver ... Non ?
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