Dimanche 4 septembre 2005 7 04 /09 /2005 00:00

Je ne sais pas pourquoi j'écris. En fait, j'écris comme je pisse, lorsque l'envie est là, devient pressante et qu'il faut bien vidanger la bête, la purger de ses toxines.

Je ne sais pas pourquoi j'écris et encore moins à qui j'écris. Certainement pas à toi lecteur. Le lecteur hypothétique, illusoire et improbable. Je ne te connais pas, tu ne me connais pas (Comment le pourrait-tu … ?) Je ne suis ni poète, ni philosophe. Je n'ai aucun talent d'essayiste ni de romancier. Je ne suis pas un littéraire, tout juste un quidam à peine lettré. Et, de toute façon, tu n'en as rien à cirer de mes salmigondis de mots et de phrases ineptes que je vomis sans retenue. J'écris sans n'avoir rien à dire. J'écris pour ne rien dire.

  

En fait, c'est à moi que je m'adresse … mais je ne sais pas ce que cela veut dire, ça n'a pas de sens, ce n'est pas une réponse, cela ne m'éclaire pas … Je ne sais pas qui je suis.

Je suis moi, bien sur, mais je suis aussi un peu lui, un peu l'autre, les autres, des autres. Je suis moi et un peu l'un et l'autre, les autres, tout comme chacun d'eux est lui et un peu moi, une partie de moi … et des autres. Je ne sais pas qui je suis. Je suis un patchwork de fragments de personnalités disparates et variées sans véritable harmonie. Personnalités proches les unes des autres mais, pourtant, différentes, opposées et, même parfois, contradictoires. Le fils n'est pas le compagnon, le parent l'ami, le voisin le collègue … Je suis moi et pourtant autre, au gré des circonstances, de l'entourage, de l'ambiance, du temps qu'il fait, du temps qu'il est … Je suis moi et je suis multiple. Schizo aux personnalités dissociées. Je n'arrive pas à me trouver, à me connaître, à me reconnaître vraiment. Je m'égare et m'y perds. Cela me rend fou et m'éreinte. Cela m'épuise et me désespère.

  

Qu'il serait doux et reposant d'être un, d'être un esprit simple … un simple d'esprit. J'aspire à n'avoir qu'une seule personnalité, unique, simple et solide. Une seule identité monolithique, invariable, inamovible, imputrescible et inoxydable, que rien ne puisse modifier, écorcher ni ébrécher.

  

"Heureux les simples d'esprit." … Que puis-je n'être celui là ! Comment faire pour arrêter de ma prendre la tête ? Cesser d'ignorer qui je suis, ce que je suis ? Ne plus hésiter sans cesse, tergiverser, me contredire ? Trouver le repos, ne plus me poser de question, rester là inébranlable, sans plus rien sentir ni ressentir ? Ne plus avoir de doute ni de sentiments, sans peur ni reproche, sans regret ni remord ? Comment faire pour être moi tout simplement ???

Comment faire pour n'être plus rien, figé, inutile et stérile comme une gousse sèche et rabougrie, une coquille de fruit vide ? Pour n'être que du néant dans le vide, un vide dans le néant de la vie ? Comme un astre mort, une planète aride à la surface grêlée d'impacts de météorites, me laisser attirer sans résistance, happer par l'attraction irrésistible d'un trou noir, pour m'y engloutir, y disparaître et … enfin, y trouver la plénitude et la quiétude d'un repos sans faille.

 

"Heureux les simples d'esprit" … Heureux les esprits simples … Mais ce n'est pas moi … pas encore … Bientôt, peut-être, … j'espère …

 
Par Le Retif - Publié dans : Cogitations - Communauté : Les chroniques de la meute
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