Cette petite phrase reste absconse pour moi. Mais elle tourne dans ma tête comme une ritournelle obsédante.
Ce n’était pas la moitié d’un imbécile le petit père DESCARTES. Cela dit, pour un béotien ignare et inculte que je suis, c’est un inconnu. Je dois avouer que je n’ai rien lu de ses écrits … même pas son fameux « Discours de la méthode », dont je ne connais que le titre.
Je pense donc je suis … Cela tourne sous mon crâne et ricoche dans tous les sens sur ma pauvre petite cervelle grise.
Je pense donc je suis … Je suis parce que je pense … Je suis ce que je pense … Je pense ce que je dis … Je dis ce que je pense … Aie ! Aie ! Aie !
Voilà le hiatus. Je dis ce que je pense. C’est chez moi un défaut … Que dis-je … un vice, une tare ! Dire ce que l’on pense, que l’on se noie dans l’erreur ou que l’on plane sur la vérité … cela n’a aucune importance … « Toute vérité n’est pas bonne à dire »
Dire, sans ambages, ce que je pense, au fil des ans, ça ma rapporté plus de claques dans la gueule et de coups de pied au cul que toute autre chose. En vieillissant, j’ai appris, avec beaucoup de labeurs et d’efforts, à la fermer … sauf … sauf lorsque l’on me pose la question, la question qui tue : « Et toi, t’en pense quoi ? » … Puisque c’est si gentiment demandé, je ne peux faire autrement que de répondre … répondre, ce que je pense, bien évidemment. … et Zut !
La plus part du temps, je sais par avance la réponse, convenue, qu l’on attend de moi. Quoi qu’il en soit, c’est plus fort que moi … conscient que je vais me faire claquer le beignet … Tant pis … Je dis ce que je pense ! Même si ce n’est pas ce que mon interlocuteur, en vérité, désire. Ce que je pense … en fait, il s’en fout. Tout ce qu’il veut c’est que je dise ce qu’il pense lui !
Indifféremment dans le cadre familial, relationnel, professionnel … surtout, professionnel … cela m’a souvent, très souvent rapporté pas mal de déboires.
Camembert Mec ! … T’es con ou quoi ? … Ton opinion, tout le monde s’en tape. Ce que l’on attend de toi, c’est que tu sois politiquement correct, que t ailles dans le sens du vent.
Dire ce que tu pense même quand tu sais pertinemment que ce n’est pas ce que l’on espère entendre … Quelle idée ? … C’est pas possible, tu dois être maso. Un peu de discernement, de politesse, de diplomatie … d’hypocrisie … que diable, cela ne t’écorcherait pas la gueule, te ferait le plus grand bien.
Mais voilà, c’est plus que moi. Avec l’âge, j’ai fait des progrès. J’évite de répondre, j’élude la question … enfin … j’essaye. Mais … lorsque l’on insiste, je craque et … Je dis ce que je pense … Puisque c’est ce que l’on me demande, bordel ! … A quoi ça rime ?
Comme je n’arrive pas à la boucler … et, encore moins à jouer les bons élèves, à renier ce que JE pense pour énoncer ce que l’ON pense … Je fais l’idiot, me transforme en aphasique psychosomatique … « Le silence est d’Or »
N’empêche que …
Je pense donc je suis … Je suis ce que je pense … Je pense ce que je dis … Je dis ce que je pense …
En résumé, je dis des âneries, je dis ce que je pense, parce que je suis un crétin … CQFD !
Je pense donc je suis … Bof !
En vérité, pour ce qui me concerne, je ferais mieux de dire :
Je panse donc j’essuie !
Et … Foutais moi la paix, que diantre.
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