Vendredi 11 juillet 2008

Partir sans se retourner et tout abandonner avant que tout nous soit retiré.

 

Entreprendre un voyage, sans destination précise, et ne pas s’encombrer de bagage.

 

S’en aller sans regret ni remord avant que sonne l’heure de la mort.

 

 

Ces pensées me trottent dans la tête, taraudent mon esprit et m’obsèdent. Mais …

 

 Ce ne sont, en vérité, que des idées en l’air, des songes creux sans réalité. Je n’ai pas la volonté nécessaire, le courage … Certains me dirait veule … Bah ! Après-tout, c’est peut-être juste ? … Je n’arrive pas à mettre ces idées en pratique. Je me contente d’y rêver … Et …

 

Je rêve … Je rêve que …

 

Je brise ces chaînes, que j’ai contribué à forger.

Je romps ces chaînes qui m’entravent et me retiennent prisonnier.

 

Je rêve … Je rêve que …

 

Je m’enfuis de ce monde  de bruits et de fureurs où je n’es jamais été à l’aise. J’oublie les rivalités, la compétition et la brutalité qui en découle et qui nous cerne. J’efface d’un coup la vieillesse, la maladie, la douleur, la souffrance … et même … la mort. Je m’éloigne et me retire de cet univers empli d’ordres, de règles et de lois. J’exècre ce lieu plein de contraintes … de jérémiades, de plaintes et de hurlements.

 

Je rêve … Et … Un jour, peut-être … sûrement …

 

Je me libère des mes liens.

Je coupe toutes mes attaches.

Je saute le pas et, doucement, discrètement, sans faire de bruit, sans faire de vague, je m’éclipse en laissant là mes souvenirs sans plus me soucier d’avenir, de devenir …

Je parts pour une longue errance faite d’espérance.

Je m’en vais vers des contrées lointaines où je ne connais personne … où personne ne me connaît.

 

Et là …

 

Complètement affranchi des convenances, de la routine et des habitudes … de tout ce qui nous réduit, nous bride et nous étouffe …

 

Enfin libre !

 

Et là …

 

A la nuit tombante, dans un coin isolé, je me couche sur un matelas douillet d’herbes odorantes fraîchement coupées. Je m’allonge et contemple le ciel étoilé où dansent de léger et floconneux nuages.

Mes paupières sont lourdes.

Mes yeux se ferment.

Je m’endors et … je dors … longtemps … très longtemps … pour toujours … sans plus jamais me réveiller.

 

Je m’échappe définitivement.

 

Et là …

 

Enfin libre.

 

Je rejoins et me mêle aux astres qui brillent dans les cieux en jouant à cache-cache avec les nuages.

 

En ce jour, léger et désincarné, je ne suis plus qu’un scintillement, au milieu des autres, sûr la voûte céleste.

 

Je me suis libéré.

 

J’ai réussi à m’évader.

 

Un jour … peut-être … sûrement …

par LeRetif publié dans : Cogitations communauté : Les chroniques de la meute
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