Il faut fuir le malheur
… La vrai vie est ailleurs !
Je ne me reconnais pas dans cet univers.
Comme un voyageur en transit,
Dans ce monde où la terre semble tourner à l’envers,
Je chancelle, titube et hésite.
Perdu sur un quai de correspondance
Au milieu de cette foule nombreuse et dense
Qui s’agite, s’affole, se presse et me bouscule,
Je me sens seul, différent et ridicule.
Parmi ces robots saccadés, tristes et gris,
Qui, comme des zombies, mécaniques et aigris,
Courent d’un pas machinal vers les mêmes buts :
Fric, pouvoir,
Sexe et gloire,
Sans lesquels on est, pour eux, que rebut.
Je cherche parmi tous ces masques aux yeux vides
Qu’une lueur, une petite étincelle s’y glisse,
Parmi toutes ces faces figées et avides,
A peine esquissé, un sourire complice.
Mais sur ces visages qui restent de glace
D’humanité il n’y a aucune trace.
Etranger en but à toutes les représailles,
Je triche, et me cache sous un voile de grisaille.
Dissimulé derrière ce masque de cendres,
Je me fonds dans la foule, me mêle à eux.
Prudent, je fais semblant, je joue leur jeu.
Car, c’est certain, ils ne peuvent m’entendre
Même si je hurle mon message :
«C’est vraiment dérisoire de se prendre au sérieux,
nous ne sommes que de passage
Dans ce monde sans importance, triste et ennuyeux. »
Commentaires