Vendredi 3 avril 2009 5 03 /04 /2009 20:46

Je n’ai jamais de chance

 

Ou, plus modestement

 

J’ai pas de chance

 

Cette rengaine si commune, combien de fois ne l’ai-je entendue ?

 

Que veulent-ils, ceux qui nous assomment avec cette antienne éculée ?

 

Probablement, cherchent-ils à se faire plaindre. Ils attendent que nous-nous apitoyons sur leur triste sort, comme  ils s’apitoient sur eux-même. En fait, je pense, qu’il s’agit là d’une façon de dissimuler … de se cacher à leurs propres yeux, leur faiblesse, leur manque de courage. Ce n’est qu’un moyen, bien pratique, d’occulter leurs erreurs et leurs fautes.

 

La vie n’est pas un long fleuve tranquille … J’en conviens aisément. Nous subissons tous, peu ou prou, ses aléas, ballottés, que nous sommes, par ses multiples tourbillons. Elle réserve, à chacun, son lot de surprises … bonnes ou mauvaises. Il n’y a pas d’égalité en la matière. Certains subissent, plus que d’autres, ses soubresauts, les chocs qu’elle nous assène.

 

C’est un fait. Mais, la chance n’a rien à voir dans l’histoire.

 

Les uns parleraient de destinée, d’autres de karma. Plus simplement, je dirai que ce n’est que le fruit du hasard. C’est lui qui influence, sans cesse, l’orientation de nos vies. Il suffit d’un incident, anodin à première vue, d’une rencontre fortuite pour bousculer, parfois, notre existence. Le hasard règne en maître absolu sur nous, comme sur l’univers tout entier. Le hasard ce n’est pas le chaos, ce n’est qu’un ordre qui nous échappe, qui nous dépasse.

 

Et la chance, alors … me direz-vous, cela n’existe pas ?

 

La chance fait partie de la vie. Ce n’est pas, comme d’aucuns semblent le croire, une chose qui nous tombe dessus sans prévenir. La chance n’est pas une fiente d’étourneau que nous recevons sur la tête au détour d’une ruelle. La chance, au contraire, elle s’acquière, se travaille … se fabrique.

 

Mais, il nous faut faire attention. La chance, contrairement à ce  qui ce dit couramment, ne saisit pas à bras-le-corps. Elle se cueille ans brutalité. Nous serons aptes à en tirer profit si … et seulement si, nous sommes capables de l’amener à nous avec patience et délicatesse.

 

La chance est comme un animal sauvage, rétif et peureux. Elle vient près de nous. Nous renifle et, faisant volte-face, s’enfuit à toute vitesse, pour disparaître, si nous voulons la brusquer.

 

La chance est animal sauvage et craintif que l’on ne peut pas attraper.

 

La chance, elle ne se dompte ni ne se dresse. Tout ce que pouvons … devons faire, c’est, avec persévérance, essayer de l’apprivoiser sachant qu’elle ne sera jamais domestiquée, que nous ne pourrons en faire notre chose, notre esclave.

 

Alors …

 

Je n’ai pas eu de chance

 

Cela veut dire, tout bêtement … je n’ai pas su, pas été capable de profiter de l’opportunité qui m’était offerte. Je n’ai pas eu le courage, la patience … la sagesse nécessaire pour m’en faire une amie, une alliée.

 

La chance est un magnifique oiseau qui nous attire avec son plumage éclatant et son chant mélodieux. Cependant, elle reste toujours prête à s’envoler très vite et très loin … hors de notre portée, au moindre geste inconsidéré de notre part.

 

Il est impératif que nous usions de beaucoup de précautions et que nous prenions tout notre temps pour qu’elle vienne picorer dans notre main, se poser sur notre épaule.

 

La chance … Nous en voulons … en rêvons tous.

 

A nous de savoir … d’apprendre, à la courtiser, à la séduire.

 

Alors …

 

Nous pourrons dire …

 

         J’ai eu de la chance.
Par LeRetif - Publié dans : Cogitations - Communauté : Les chroniques de la meute
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