En cette belle et chaude journée d’été, le jeune homme, grand et mince, à la limite de la maigreur, est venu poser sa carcasse dégingandée sous le dais protecteur de la terrasse de la brasserie. Confortablement installé devant un demi bien frais, il regarde, devant lui, le panorama des rues désertes de la ville écrasée par le soleil.
Une belle jeune fille court et légèrement vêtue, vient, elle aussi, trouver un peu de fraîcheur, à l’abri de la terrasse ombragée. Elle s’assoit non loin de lui.
Il la tout de suite remarquée. Peu après qu’elle eut été servie, il tente d’attirer son attention en ayant un comportement atypique. Il fait le pitre pour capter son regard. Au bout d’un bref moment, elle s’en rend compte et le regarde en souriant. Elle n’est pas dupe et a tout de suite devinée que cette attitude de clown cache, en vérité, une certaine timidité et une sensibilité qui la touche.
Les deux jeunes gens échangent ainsi, d’abords, regards et sourires, avant de se rapprocher et d’entamer une conversation badine et décousue. Mine de rien, ils se dévoilent, peu à peu, l’un l’autre. Les consommations terminées, ils se lèvent en même temps et, ensemble, prennent le chemin du cinéma le plus proche. Ils trouvent dans la salle le réconfort d’une délicieuse fraîcheur distillée par la climatisation. Ils regardent en silence un film qui ne les intéresse pas vraiment. Imperceptiblement, dans l’obscurité propice, leurs se cherchent, se rapprochent, se frôlent se touchent et, enfin, se blottissent l’une dans l’autre.
Ils sortent du ciné, en se tenant, toujours, par la main et partent arpenter, doucement, le boulevard. Tout en marchant, leurs corps, insensiblement, se rapprochent avant qu’ils ne se prennent par la taille. Ils pénètrent, déjà semblable à un couple d’amoureux, dans le piano bar d’un hôtel cossu. Par la suite, sans s’être clairement concertés, il loue une chambre.
La porte de la chambre à peine refermée derrière eux, ils se font face, se rapprochent doucement, comme irrésistiblement aimantés. Ils s’enlacent et s’embrassent tendrement. Délicatement leurs se posent sur l’autre et, sans cesser de s’embrasser,, ils commencent, avec lenteur et délicatesse, à se déshabiller mutuellement. Une fois dévêtue, ils se laissent tomber sur le grand lit où ils s’étreignent, laissant leurs mains partir à la découverte du corps de l’autre. Ils s’offrent l’un à l’autre et partagent tous les plaisirs d’une longue étreinte amoureuse.
Dans la fraîcheur, relative, de la nuit qui commence à tomber sur la ville, sur le trottoir, devant la porte de l’hôtel, ils s’embrassent encore une fois. Ils échangent un long baiser emplit d’une infinie tendresse. Puis, ils s’écartent lentement en se tenant, encore les pains. Ils finissent par lâcher prise, continuent à reculer les yeux soudés au regard de l’autre. Enfin, comme un ballet bien réglé, ils se retournent et partent chacun de leur coté. Ils savent qu’ils ne se reverront jamais. Ils emmènent juste, avec eux, le tendre et ardent souvenir de cette rencontre improbable.
En cette belle et chaude journée d’été, un vieil homme, est assis en plein soleil sur un banc du parc. Il reste là, faisant face aux rayons brûlants du soleil, sans que ceux-ci n’arrivent à le réchauffer. Il ressent un froid glacial qui le transperce jusqu’à la moelle de ses os. Il ferme les yeux et, sur son visage ridé, apparaît un sourire des plus doux.
Resurgit du fond de son cœur, du fond de son être, de son âme, remonte, à la surface de sa mémoire, le délicieux souvenir d’une improbable rencontre de sa jeunesse.
Il sourit à cette tendre évocation. Il se laisse aller à imaginer, à rêver, que quelque part, elle aussi a conservé précieusement le souvenir de leurs jeunesses.
Et si … si, ce jour la, devant le hall de l’hôtel, il avait osé, tenté un geste pour la retenir, pour ne pas qu’ils se perdent ?
Ils auraient pu faire, dans la vie, un bout de chemin ensemble … qui sait, peut-être, serait-elle encore, aujourd’hui, après toutes ces années, à ses cotés ?
Terrassé par la fatigue, l’usure de son grand age et la canicule, le vieil homme a quitté ce monde en souriant. Il c’est endormit pour toujours, laissant là, sur le banc, sa pitoyable dépouille.
Il est partit la rejoindre. Emporté dans un vieux souvenir, tendre et ardent.
Commentaires