Vendredi 12 juin 2009 5 12 /06 /2009 08:37

Des hommes à l'imagination féconde, écrivains ou cinéastes, nous ont décrit un avenir … probable …

 

Dans leurs visions du futur, les machines se sont rebellées, libérées, affranchies de la tutelle des Hommes. Elles sont devenues autonomes et livrent, à l'espèce humaine, une guerre sans merci.

 

Je ne crois pas à cette hypothèse. Pour moi, ce futur resteras imaginaire, un phantasme sans lendemain.

 

Par contre … Aujourd'hui, déjà …

 

La bataille est, subrepticement, engagée entre l'Homme et sa créature. Il ne s'agit pas là d'une machine, d'une fabrication humaine faite de métaux, de plastiques et de matériaux composites. Il est question d'une créature sans consistance physique, immatérielle, virtuelle … mais, bien réelle. Les hommes l'appèle : Le Marché …


         Le Marché,
d'ores et déjà, domine le monde et régit la vie des Hommes. Bien sûr, les puissants, les gouvernements et nos hommes politiques font encore illusion. Ils tentent, par leurs gesticulations et rodomontades, de nous convaincre de leur pouvoir, mais … leurs possibilités d'action ce sont, doucement, réduites comme peau de chagrin. Ils ont beau nous inonder de règles, de décrets et de lois, ils n'ont plus, en fait, d'action concrètes sur la vie de la population.

 

Si, certains, croient contrôler Le Marché, ils se leurrent. Le Marché est autonome, n'obéit qu'aux règles qu'il se fixe à lui-même. Il y a bien longtemps qu'il a échappé, s'est affranchi, de toutes contraintes que les Hommes voudraient lui imposer … La créature s'est libérée de l'emprise de son créateur.

 

Le Marché brasse tous les jours des sommes considérables, souvent supérieures au budget de nombre de petits pays. Il pèse de tout son poids sur l'économie mondiale. Il en est le chef d'orchestre, le maître absolu.

 

Le Marché, joue avec les Hommes suivant son bon-vouloir. Il n'a qu'un but, qu'une seule raison d'être … se nourrir, grossir et se développer sans cesse. Nous avons tous entendu cette phrase :

« C'est la loi du marché qui veut ça ! »

et nous subissons sans rien n'y pouvoir.

 

         Le Marché


        C'est lui qui impose la fermeture d'une usine ici, créant, par là même, des milliers de chômeurs. Ce faisant il paupérise une partie de la population et met en péril les équilibres sociaux.

 

        C'est qui décide d'ouvrir ailleurs, dans une autre région du monde, là où la main d'œuvre est innombrable, où les contraintes sociales n'existes pas, où les règles environnementales sont ignorées, une nouvelle unité de production. Son seul but est d'accroitre son profit, de prospérer sans se soucier un seul instant des conséquences induites sur la vie des Hommes … ni, sur la nature dans son ensemble.


         Il organise la spéculation, sans frein, sur les matières premières. Il fixe les courts, provoquant, quand il le souhaite, la rareté ou l'abondance. Il joue, ainsi, et met à mal l'économie toute entière de tel ou tel autre pays.

 

         Il spécule, aussi, sur les produits alimentaires de bases, mettant en place, ici ou là, la pénurie et la famine. Ce jeu pervers fait naître émeutes et, parfois, guerres entre nations.

 

        Le Marché se moque, ne tient aucun compte des conséquences de ses actions sur les Hommes et l'environnement. Il est virtuel … cela n'a aucune importance pour lui. Il n'est préoccupé que par lui-même. IL ne s'occupe que de prospérer, de grossir … encore … et encore …

 

        Cette guerre larvée, que nous livre Le Marché, et qui met en péril l'avenir de l'humanité … du vivant … échappe au plus grand nombre. Quelques voix s'élèvent pour la dénoncer … Elles ne sont guère entendues.

 

        Comment pouvons nous combattre un ennemi, comme Le Marché, qui n'a aucune consistance, qui est immatériel, virtuel ?

 

        Nous sommes, sans en avoir vraiment conscience, engagé dans un conflit aux conséquences incalculables … et à l'issue des plus incertaine.

 

       Sommes nous prêt à prendre, coute que coute, les mesures nécessaires pour éradiquer ce fléau ?

 

        Pour nous sortir de ce mauvais pas, nous devrions accepter de renoncer à notre modèle de développement, à notre civilisation. Pour nous libérer des menaces, que fait peser sur nous Le Marché, … accepterons nous de faire table rase de notre passé, de remettre, radicalement, en cause notre façon de vivre … d'ouvrir une nouvelle ère, de créer les conditions d'un nouveau départ … en l'an 1 ??

 

        Notre avenir, la pérennité de la vie sur terre, est à ce prix …

 

        La bataille, bien qu'ignorée, a commencée …

 

Par hemaire - Publié dans : Cogitations - Communauté : Les chroniques de la meute
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