Vendredi 7 août 2009 5 07 /08 /2009 12:15

Depuis toujours, lui semble-t-il, il porte en lui un étrange malaise. Il a le sentiment de n'être pas à sa place dans ce monde. De ne pas faire, vraiment, partie de cette société.

 

Il ressent une gêne … elle d'être un étranger, comme un passager clandestin, un émigré en situation irrégulière, dans la vie … dans sa propre vie. Il est un intrus dans son existence même.

 

Il n'a jamais pu s'expliquer cela. Il ne comprends pas la … ou, les raisons, qui lui font ressentir ce mal-être.

 

Lorsqu'il repense à sa vie …

 

Enfant, il fut soigné, dorloté, choyé … il fut, sans conteste, un enfant aimé. Son enfance fut, plutôt, heureuse … autant qu'il s'en souvienne.

 

Il eut une adolescence, comme beaucoup, quelque peu perturbée mais sans excès.

 

Il connut une jeunesse un peu agitée. Rien d'extraordinaire, c'est l'age des premières expériences, celui où l'on a envie … où l'on doit partir à la découverte et à la rencontre du monde, des gens et de la vie. Il n'a pas de regret, ni de remord, concernant cette étape de sa vie. Il en garde, au contraire, de bons souvenirs et une certaine nostalgie joyeuse.

 

Sa vie d'adulte n'eut pas grand chose de particulier. Il ne réalisa pas de grandes choses et, s'il connut pas le bonheur absolu, la félicité … Il n'a pas réellement de raison de se plaindre.

 

Il ne subit pas de pénibles et importantes attaques de maladies grave. Il ne vécu, pas plus qu'un autre, de drame ou d'accident hors du commun.

 

En fait, sa vie, fut du genre paisible et … ma foi, heureuse bien qu'assez ordinaire somme toute.

 

Pourtant …

 

Même si, très jeune, il a appris à la dissimuler aux autres … et aussi à lui même ( … enfin, presque), la gêne de se sentir différent, déplacé, inadapté dans une société et un monde qui n'est pas le sien, de vivre une vie où il ne trouve pas sa place, ne l'a jamais quittée.

 

Quand bien même a-t-il réussit, sans vraiment l'oublier, à en faire, le plus souvent, abstraction … sans pour autant, à aucun moment, pouvoir l'annihiler, il a fait avec. Il n'avait, d'ailleurs, pas d'autres choix.

 

Aujourd'hui … encore … peut-être plus qu'autrefois … cette question l'interpèle.

 

Il n'a pas de réponse … Il n'a pas la réponse.

 

Il ne sait l'expliquer … pourtant …

 

Le fœtus de développe en communication totale et permanente avec sa mère, en symbiose avec celle qui le porte.

L'annonce de cette nouvelle grossesse, à peine quelques mois après la naissance de son premier enfant, ne fut pas accueillit, c'est la moins que l'on puisse dire, dans une joie extrême. Elle fut subit plus qu'autre chose. Il ne fut pas conçu par choix … mais par accident.

 

Le fait de n'être, bien qu'accepté, point désiré … cela il a dut le ressentir.

 

Alors …

 

Le mal être qu'il connaît depuis toujours … ne trouverait-il pas là son origine ?

 

Ne conservons-nous pas au tréfonds de notre inconscient ( … de notre subconscient … Je ne sais pas trop où.) la trace indélébile, comme une scorie, d'un reste de notre mémoire fœtale … et de ces traumatismes ?

 

Ce n'est pas une explication … juste une hypothèse, une supputation quelque peu risquée, sans réelle fondement … mais …

 

Étranger dans ce monde ...

 

Étranger dans cette vie ...

 

Étranger dans son existence ...

 

N'être qu'un hiatus dans sa propre vie … Il y a bien une cause, une raison … une explication.

 

Comme une marque de naissance … le souvenir diffus du ressentit du fœtus …

 

Pourquoi pas ?

 

Par LeRetif - Publié dans : Cogitations - Communauté : Les chroniques de la meute
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