Vendredi 14 août 2009 5 14 /08 /2009 12:05

Je me souviens encore du jour où nous sommes allés au refuge, à la sortie de la ville.

 

Contrairement aux autres chiots, à notre passage dans l'allée, entre les cages, tu ne t'es pas précipité, en aboyant frénétiquement, sur le grillage. Tu es resté gentiment assis en balançant, timidement, la queue et en nous fixant de tes grands yeux clairs. Tu as juste laissé fuser quelques petits jappements. Je les entends encore. Ils disaient … « Faites moi sortir d'ici … Prenez moi avec vous … Je suis un gentil chien plein d'amour à donner ... ».

 

C'est cette retenue qui nous a séduit et … après quelques formalités vite expédiées … nous sommes reparti avec toi. Tu es venu avec nous. Tu es rentré dans nos vies.

 

Tu n'étais, à l'époque, encore qu'un tout jeune chiot. Au début tu fis bien quelques bêtises … un petit pipi par-ci par-là … et je me rappèle aussi, entre-autre, d'une paire de pantoufle complètement déchiquetée après que tu l'ais longuement, et consciencieusement, mordillée … Mais, en fait, tu t'es très vite adapté à ta nouvelle vie, à ce nouvel environnement.

 

Pendant toutes ces années, nous n'avons plus passé une journée sans toi. Tu étais vifs et d'un tempérament joueur … un peu fou-fou, parfois. A chacune de nos promenade dans la campagne, tu t'en donnais à cœur joie. Tu jouais et courrais, dans tous les sens, à perdre haleine.

 

De retour à la maison, tu savais être des plus câlin, quémandant, avec beaucoup de persuasion, aussi bien des caresses, que nous te prodiguions avec plaisir et sans retenue, que des gourmandises qui étaient, pourtant, posées à ta portée, sur la table du salon.

 

Tu as été un tendre et fidèle compagnon durant tout ce temps. Tu avais, aussi, nous faire rire avec tes pitreries et tes postures et mimiques si particulières.

 

Le temps, sans pitié, est passé. Maintenant tu quittes de moins en moins souvent ton panier. Tu ne te lèves plus qu'avec difficultés en laissant échapper des petits gémissements de douleur.

 

Ton regard, naguère si clair, est devenu vitreux. Tu es, aujourd'hui, un vieux toutou, perclus de rhumatismes, qui se traîne péniblement à chaque sortie. Cela nous fait de la peine de te voir ainsi alors même que tu nous montres, à chaque occasion, ton affection. Jour après jour, ton état empirait et tu semblait souffrir de plus en plus.

 

Le cœur lourd, sans nous faire trop d'illusion, nous t'avons amené chez le véto. Celui-ci, après t'avoir, avec douceur, ausculté … nous regarda, avec un petit sourire triste, tout en secouant la tête … Il nous déclara : « Il n'y a pas grand chose à faire. C'est un vieux chien … ».

 

Après en avoir parlé quelques minutes avec lui, le vétérinaire te fis, avec précaution et délicatesse, une piqure. Tu n'as pas bronché. Nous sommes resté près de toi en te caressant doucement jusqu'à ce que tes paupières se ferment et que tu t'endormes … pour toujours.

 

De retour chez nous, je me précipite pour enfermer, au fond d'un placard, hors de notre vue, ta panière et tes écuelles. Ton absence si pesante nous nouait la gorge … et tant pis pour ceux qui trouvent cela ridicule … et nous faisait monter les larmes aux yeux.

 

Tu nous manques cruellement. Nous savions, depuis toujours, que ce jour arriverai, mais cela ne nous console pas. Même si c'est, pour nous, douloureux, nous ne pouvons pas nous empêcher de nous remémorer et nous raconter tous les bons moments passés avec toi, toute l'affection que tu nous as donné, tous les jeux et les plaisirs partagés.

 

Un jour … peut-être … dans quelques temps, nous retournerons au refuge pour y chercher un nouvel ami à quatre pattes. Un jour … peut-être. Il nous faudra du temps pour cela.

 

En aucun cas, si nous nous décidons à faire cette démarche, ce nouveau compagnon ne te remplacera. Nous ne t oublierons pas. Tu fais, pour toujours, partie de notre famille, de nos vies.

 

Aujourd'hui a été une très sombre journée qui nous laisse … et nous laissera pour longtemps un goût amer dans la bouche et au cœur … Mais …

 

Que pouvions-nous faire d'autre ?

 

Il aurait été inhumain de te laisser souffrir encore et encore, toujours plus, jour après jour, pour aboutir à la même issue fatale.

 

Même si cela ne peut pas nous consoler, le choix que nous avons fait de te laisser partir en douceur, sans souffrances inutiles, c'est la compassion et l'amour que nous te portions … que nous te portons, qui nous y a poussé.

 

La mort et une chose absurde qui me révolte, mais … Il nous faut bien vivre avec et l'accepter. Elle est inévitable pour tout être vivant. Il es inutile d'ajouter la souffrance à la douleur pour essayer de faire reculer l'inéluctable.

 

J'eus, ce soir, beaucoup de mal à m'endormir. Quand, enfin, je plonge dans le sommeil … Je te vois, ayant retrouvé une jeunesse éternelle, gambader et t'amuser, sans retenue, dans les prairies du paradis … paradis des chiens …

 

Comme tu as su si bien le faire à maintes reprises, c'est toi qui, encore une fois, m'apportas, cette nuit là, un peu de réconfort.

 

Par LeRetif - Publié dans : Cogitations - Communauté : Les chroniques de la meute
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Commentaires

Bonsoir,
C'est un geste d'amour, de ne pas faire souffrir ton ami à quatres pattes.
Parfois je me demande pourquoi nous les humains n'avons pas le droit de mourrir dignement, je suis pour l'euthanasie.
Bonne soirée.
Didier
Commentaire n°1 posté par petitcochon le 16/08/2009 à 21h37
j'ai eu la meme pênsée que Didier en lisant votre article : pourquoi l'euthanasie est-elle si "humaine" lorsqu'il s'agit des betes ? Il devrait en etre de meme pour les fins de vie humaines.Peut-etre y parviendrons nous bientot...Bon courage. Stéphane
Commentaire n°2 posté par stephane trillaud le 17/08/2009 à 22h21
Belle histoire dont la fin était inexorable. Ce chien a eu une vie heureuse avec vous. Je suis aussi d'accord pour dire que la piqure était un geste d'amour.
Commentaire n°3 posté par Déborah le 20/08/2009 à 21h03

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